Micro-entreprise 2026 : plafonds, cotisations et TVA, le point complet

Nouveaux plafonds de chiffre d'affaires, hausse des cotisations pour les libéraux, réforme de la TVA toujours suspendue, ACRE réduite à 25 % : tout ce qui change pour les micro-entrepreneurs en 2026.

Le régime de la micro-entreprise reste le plus simple pour se lancer — mais 2026 apporte plusieurs changements à connaître. Plafonds revalorisés, cotisations en hausse pour certains, réforme de la TVA en suspens : voici le point à jour, chiffres et sources à l'appui.

Plafonds de CA 2026 (période 2026–2028) : 203 100 € pour la vente de marchandises, 83 600 € pour les prestations de services et activités libérales. On ne perd le régime qu'après un dépassement sur deux années consécutives.

Les cotisations sociales 2026

Les taux appliqués sur votre chiffre d'affaires au 1er janvier 2026 : 12,3 % (vente de marchandises), 21,2 % (prestations de services commerciales et artisanales), 25,6 % (activités libérales non réglementées, BNC) et 23,2 % (professions libérales relevant de la Cipav). Le taux BNC gagne un point, mais cette hausse rebascule surtout de la CSG vers la retraite : plus de droits pour une charge quasi équivalente. Barème détaillé sur l'URSSAF.

Franchise de TVA : la réforme des 25 000 € toujours suspendue

En 2026, les seuils de franchise en base restent 37 500 € (services) et 85 000 € (vente) : en dessous, vous ne facturez pas la TVA. Le projet de seuil unique à 25 000 €, un temps envisagé fin 2024, n'a finalement pas été appliqué : les seuils de 37 500 / 85 000 € restent bien en vigueur en 2026 (service-public.gouv.fr).

Optimiser : versement libératoire, ACRE, CFE

  • Versement libératoire de l'impôt : payez l'IR avec vos cotisations, à taux fixe (1 % vente, 1,7 % services, 2,2 % BNC), sous condition de revenu fiscal (impots.gouv.fr).
  • ACRE : l'exonération de début d'activité est passée à 25 % pour les micro créées à partir du 1er juillet 2026 (demande sous 60 jours, service-public).
  • CFE : exonérée l'année de création, puis de façon permanente si le CA reste ≤ 5 000 €.

Comprendre l'imposition en micro

Point souvent mal compris : en micro, vous n'êtes pas imposé sur votre bénéfice réel mais sur votre chiffre d'affaires après un abattement forfaitaire censé représenter vos charges — 71 % pour la vente, 50 % pour les prestations de services, 34 % pour le BNC. Concrètement, si vos charges réelles sont inférieures à cet abattement, le régime vous avantage ; si elles sont supérieures (négoce, bâtiment, gros achats), il vous pénalise. C'est aussi pourquoi le versement libératoire n'est intéressant que si vous êtes imposable (service-public.gouv.fr).

Quand faut-il quitter la micro ?

Trois signaux doivent vous alerter. Premièrement, vous approchez ou dépassez les plafonds (le basculement intervient après deux années consécutives). Deuxièmement, vos charges déductibles deviennent lourdes : passer à l'entreprise individuelle au réel ou en société permet alors de déduire vos dépenses et de récupérer la TVA. Troisièmement, vous voulez vous associer, lever des fonds ou renforcer votre protection sociale. Dans ces cas, le choix d'un autre statut se pose — c'est justement l'objet de notre guide dédié.

Avantages et limites

La micro brille par sa simplicité et des cotisations proportionnelles (zéro CA = zéro cotisation). Ses limites : les charges et achats ne sont pas déductibles (pénalisant les activités à fortes dépenses), les plafonds de CA bornent la croissance, une couverture sociale et retraite plus faibles, et une image parfois jugée « moins solide » par certains donneurs d'ordre. À vous de peser ces critères selon votre activité.

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