Micro-entreprise, EI, EURL, SASU, SARL, SAS… Le choix du statut conditionne votre protection, vos cotisations, votre fiscalité et votre capacité à vous développer. Voici les bonnes questions à se poser — et un tableau pour s'y retrouver.
D'abord une question de patrimoine et de risque
Depuis le 15 mai 2022, le statut unique de l'entrepreneur individuel protège par défaut votre patrimoine personnel : seul le patrimoine professionnel est engagé face aux créanciers. Les sociétés (EURL, SASU, SARL, SAS) limitent, elles, la responsabilité au montant des apports. Le risque personnel est donc encadré dans tous les cas (impots.gouv.fr).
| Critère | Micro / EI | EURL | SASU | SARL / SAS |
|---|---|---|---|---|
| Associés | 1 | 1 | 1 | 2 et + |
| Patrimoine perso | Protégé par défaut | Limité aux apports | Limité aux apports | Limité aux apports |
| Régime social | TNS | TNS | Assimilé salarié | Selon gérance |
| Fiscalité défaut | IR | IR (option IS) | IS (option IR) | IS (option IR) |
| Idéal pour | Tester, petit CA | Se protéger seul | Se rémunérer, croître | S'associer, lever |
TNS ou assimilé salarié : ce que coûte votre protection
C'est le vrai différenciateur. En TNS (EI, micro, gérant majoritaire de SARL/EURL), vos cotisations sont plus légères — de l'ordre de 40 à 45 % du revenu net — pour une protection correcte mais une retraite un peu moins généreuse. En assimilé salarié (président de SASU/SAS), elles sont nettement plus élevées (souvent autour de 80 % du net) mais offrent une couverture proche de celle d'un cadre. Dans les deux cas, pas d'assurance chômage.
IR ou IS : où va votre bénéfice ?
La micro et l'EI relèvent par défaut de l'impôt sur le revenu. Les sociétés sont le plus souvent à l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %. L'IS permet de piloter sa rémunération et de laisser des bénéfices dans l'entreprise. Une EURL peut opter pour l'IS ; à l'inverse une SAS/SASU/SARL peut opter pour l'IR pendant 5 exercices (conditions de l'IS).
Le match des dividendes
Souvent décisif. Dans une SASU/SAS, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales (seulement la « flat tax », à 31,4 % en 2026). Dans une EURL/SARL à gérance majoritaire, la part de dividendes supérieure à 10 % du capital est soumise aux cotisations TNS. Pour qui veut se rémunérer largement en dividendes, la SAS/SASU a un vrai atout (détails).
Combien coûte la création ?
Le budget varie beaucoup selon la forme. La micro-entreprise est gratuite à créer. Pour une société, il faut compter la rédaction des statuts, une annonce légale (tarifs forfaitaires 2026 : environ 124 € pour une EURL, 142 € pour une SASU, 148 € pour une SARL, 199 € pour une SAS, HT), les frais de greffe (~22 € HT) et, en pratique, un expert-comptable pour la comptabilité complète. Toutes les formalités passent désormais par le guichet unique de l'INPI, voie exclusive depuis 2025.
Ce qui change en 2025-2026
Quelques évolutions à intégrer dans votre calcul : la « flat tax » sur les dividendes est passée à 31,4 % en 2026 ; l'ACRE a été réduite de 50 % à 25 % pour les créations à partir du 1er juillet 2026 ; les plafonds de la micro ont été relevés (203 100 € / 83 600 €) ; et l'assiette de cotisations des travailleurs indépendants (TNS) a été réformée, avec un nouvel abattement destiné à rapprocher leur base de calcul de celle des salariés. Autant de paramètres qui peuvent faire pencher la balance d'un statut à l'autre.
Alors, quel statut pour quel projet ?
- Tester une activité, petit CA, peu de charges → micro-entreprise.
- Activité artisanale établie, sans besoin de société → EI au réel.
- Se protéger et optimiser sa rémunération, seul → EURL ou SASU.
- S'associer ou lever des fonds → SAS (souple) ou SARL (plus encadrée).
Le bon réflexe : chiffrez vos charges et votre rémunération cible, validez le choix avec un expert-comptable, puis immatriculez-vous sur le guichet unique des formalités (INPI), désormais le passage obligé.